chaque être possède dix mille mètres de ciel bleu sur sa tête. antoine de saint-exupéry

31 mars, 2009, 14:44
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Ne me préjugez pas!

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D’où nous viennent les stéréotypes et les préjugés?

lundi 30 mars 2009

Charlotte Duperray est journaliste à Slate.fr

Une jeune femme été attaquée dans le RER A par un homme d’origine maghrébine.

Une information que l’on entend sans surprise dans les médias. Deux acteurs; la jeune femme et l’homme maghrébin. Un lieu; le RER A. Que véhicule une telle information dans notre tête? Notre société est construite autour de stéréotypes et de préjugés. Le RER A est stéréotypé dangereux, les hommes d’origine maghrébine agressifs et les jeunes femmes comme des cibles sans défense.

Jugements de valeurs, lieux communs, banalités, opinions, stéréotypes, clichés, préjugés, idées reçues, stigmatisations, phrases cousues en fonction des espaces dans lesquels elles sont employées. Nous avons tous en tête des stéréotypes et des préjugés qui façonnent nos pensées. Nous avons beau nous en défendre, argumenter ou prendre le contrepied des idées reçues, difficile de s’en détacher; pour la simple et bonne raison que nous sommes constitués de ces préjugés.

Du stéréotype au préjugé cela donne; «les corses sont paresseux» (groupe stigmatisé) = «je n’aime pas les corses parce qu’ils travaillent trop lentement» (jugement). De la stigmatisation sociale, nous passons au jugement personnel. Pourquoi nous stéréotypons, pourquoi nous préjugeons ?

Origine socioculturelle

Les stéréotypes et les préjugés ont une origine socioculturelle. Ils se construisent autour de trois influences majeures; l’éducation qui façonne nos attitudes et nos comportements, les médias qui sont saturés de stéréotypes et l’influence de groupes de référence. Nous évoluons dans un environnement  composé de différents états; la maison, l’école, le travail… Chacun de ces microcosmes se construit autour de valeurs et d’habitudes.

L’environnement véhicule des normes et des manières de faire qui constituent l’héritage culturel des personnes qui le compose. Chaque individu se caractérise par rapport à une appartenance à un groupe. Ainsi, je suis moi, en miroir d’une famille dans laquelle j’ai grandi, d’une école dans laquelle j’ai appris et d’un travail dans lequel j’évolue. Et ce moi, construit autour de normes, est porteur d’une identité, elle-même façonnée, par les membres d’un même environnement et par le regard des autres. La construction des stéréotypes diffère en fonction de la perception des groupes. Ces croyances sont des généralisations excessives face à des comportements, des caractéristiques physiques ou des traits de personnalité.

Origine cognitive

Les stéréotypes ne sont pas uniquement des phénomènes socioculturels, ils ont aussi une origine cognitive précise le site Préjugés et Stéréotypes réalisé avec le concours du ministère de la recherche. Michaël Danbrun a publié une synthèse de travaux sur la manière de mesurer les préjugés, intitulée «les différentes mesures implicites cognitives de préjugés et de stéréotypes». D’un point de vue cognitif, l’origine des stéréotypes vient de l’impossibilité pour notre cerveau de traiter consciemment la totalité des informations qu’il reçoit. De ce fait, il s’adapte en simplifiant l’information qui lui arrive; un de ces moyens est de catégoriser et de classer les informations. Un processus adaptatif très automatisé; en quelques millisecondes, à partir de caractéristiques physiques par exemple, nous sommes capables d’attribuer une catégorie à une personne. Notre cerveau classe généralement à deux niveaux, soit en différence, soit en similarité; l’information est triée par contraste ou par assimilation.

Organisation sociétale

Les individus ont besoin de développer un sentiment d’appartenance à un ou plusieurs groupes. Le phénomène est à double sens; d’une part, nous avons tendance à accentuer notre identification à un groupe de référence, par souci de repères, de structures et d’identité. D’autre part, le regard que nous portons sur les autres groupes est marqué par les différences qui nous éloignent. Exagérer les similitudes à l’intérieur d’un groupe accentue les différences entre les groupes.

Préjugés et discrimination

En fonction des rapports entres ces groupes, les comportements des individus peuvent engendrer des discriminations. Sidanius et Pratto ont développé la théorie de la dominance sociale. Ils partent du postulat que les sociétés son composées de groupes dominants et dominés. Or, cette relation entre dominants et dominés, est étroitement liée au phénomène de discrimination. Les uns étant porteurs de valeurs sociales positives et les autres de valeurs sociales négatives. Le simple fait d’occuper une position sociale dominante est suffisant pour générer des préjugés envers les minorités. Inversement, les préjugés peuvent naître de facteurs, comme la frustration personnelle, la privation économique, l’échec ou le manque d’estime de soi.

Pour aller plus loin

«Les arabes sont agressifs, les noirs sont joyeux, les asiatiques sont travailleurs, les femmes sont douces et sensibles. Je suis seule dans le métro, une bande de jeunes garçons rentrent dans le wagon, je prends peur. Je n’ai pas fait de classe préparatoire donc je ne me sens pas à la hauteur. Je suis africaine donc je danse bien.» (…)

Les clichés costument les genres et les gens. Ils façonnent et nourissent l’imaginaire populaire. Nous avons tous (testez vous !) des préjugés et tous, nous en suscitons. Ils font partie de nous, de notre environnement social et en cela, ils sont structurants. Lutter contre les préjugés ? Compliqué. Néanmoins, lutter contre la négation qu’ils engendrent est une bataille fondamentale. Les Nations Unies ont écrit pour cela une déclaration sur la race et les préjugés raciaux. Et des personnes luttent quotidiennement au sein des associations. Rokhaya Diallo, membre des Indivisibles, confie à quel point les préjugés réduisent les identités. Selon elle, reconnaître et être conscient de ses propres préjugés est une manière de gagner en estime de soi. Or, l’estime de soi permet de réduire ses préjugés à l’égard des autres.

Actuellement, les médias s’interrogent sur l’efficacité des statistiques en terme de lutte contre les préjugés. Si ce n’est par les chiffres, le simple fait d’assumer ces petites bètes qui nous collent à la peau, peut être une manière de positiver.

Charlotte Duperray

Un grand merci à Jean-Baptiste Légal et Rokhaya Diallo pour leurs éclairages sur le sujet.



31 mars, 2009, 4:01
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Gisèle Halimi : « Mon histoire a forgé mon féminisme »

 Gisèle Halimi et ses luttes: faire du viol un crime, légaliser l’IVG, entre autres…

Fondatrice de l’association Choisir la Cause des femmes, compagne de luttes de Simone de Beauvoir, l’avocate Gisèle Halimi nous raconte la naissance de « son » féminisme et évoque pour nous la question de la place des femmes en politique.

On a le sentiment que votre féminisme est né d’un réflexe de survie.
>> C’est tout à fait ça. Il vient de mon enfance. Une enfance asphyxiée, douloureuse. Et d’un refus sauvage de l’injustice. Quand j’étais petite fille, ma mère me disait que je ne ferais pas d’études. Je lui demandais pourquoi. Elle me répondait : « Parce que tu es une fille. » Le lycée à l’époque était très cher. Mes parents étaient prêts à faire des sacrifices pour y envoyer mes frères, qui étaient loin d’être brillants, alors que ma soeur et moi, qui étions plus douées, devions rester à la maison, puis nous marier. Pensez qu’à 16 ans, on a voulu que j’épouse un homme qui avait vingt ans de plus que moi. Alors, quand ma mère m’a expliqué que je devais servir mes frères, faire leur lit, laver et repasser leurs affaires, tout cela parce que j’étais une fille, j’ai dit non.

Et vous avez joint les actes à la parole.
>> Oui, ma révolte a été presque physique. Je préférais mourir. J’ai décidé de rester au lit, de ne plus bouger. Le premier jour, mes parents ont pensé que ça passerait. Le second idem. Le troisième, ils ont commencé à avoir peur. À la fin du troisième jour, ils ont cédé. Et j’ai posé mes conditions. Je me souviens d’avoir écrit ce soir-là que j’avais gagné mon premier morceau de liberté.

Vous évoquez, au début de votre livre, Simone de Beauvoir. Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout ne vous rapproche pas.
>> Simone était mon amie. Nous avons eu les mêmes combats, mais des parcours inverses. C’est mon histoire qui a forgé mon féminisme, puis mon engagement politique. Alors que Simone, ses parents avaient tout fait pour qu’elle soit instruite, indépendante économiquement. Et dans son groupe d’étudiants en philosophie, elle était la mascotte. Elle est devenue féministe en écrivant.

La Simone de Beauvoir que vous décrivez est loin de celle qu’imaginait le grand public !
>> C’était une femme extrêmement complexe. Elle disait d’ailleurs d’elle-même qu’elle était peut-être un peu schizophrène. J’ai été stupéfaite en lisant ses lettres à Nelson Algren. Elle lui écrit des choses comme « Je serai votre petite babiole d’amour », qu’elle voulait être sa petite femme, qu’il soit son petit mari.
Et il ne s’agit pas d’écrits de jeunesse ! Nous sommes en 1948 et elle entreprend la rédaction du Deuxième sexe…

Auriez-vous pu être autre chose qu’avocate ?
>> Non. Dès 10 ans, j’ai su que c’était ce que je voulais être.
J’avais tellement souffert que je voulais, dans un premier temps, me défendre, puis défendre les autres, les femmes, les Arabes, ceux qui avaient été torturés. C’était vraiment une vocation et c’est une grande chance pour moi que d’avoir pu faire dans la vie quelque chose que j’avais choisi, qui correspondait à mes combats. J’ai eu une seconde chance, c’est que l’Histoire a rencontré ma petite histoire et que j’ai pu défendre des hommes et des femmes en même temps que mes idées, notamment lors du procès de Bobigny (sur l’avortement, ndlr).

Vous avez été députée sous François Mitterrand. Que pensez-vous de la place des femmes en politique aujourd’hui ?
>> Je voudrais qu’elles entrent en politique en dignité et en parité. Qu’elles ne se contentent pas de préparer ce que va dire le ténor.

La loi sur la parité n’a-t-elle pas été créée dans ce sens ?
>> Certes, mais je ne considère pas qu’elle soit totalement réussie. Elle a été neutralisée par le fait que les sanctions qu’encourent ceux qui ne la respectent pas sont financières. Les partis ont droit à une subvention. S’ils transgressent la loi sur la parité, ils reçoivent des subventions un peu moins importantes. Ce qui nous a amenés à une chose totalement immorale : vous pouvez transgresser si vous êtes riches ! C’est éminemment choquant de permettre aux partis, qui sont le pilier de la démocratie, de dire : je n’ai pas envie de présenter de femmes, je présente des hommes, combien ça coûte ?

Que proposez-vous ?
>> Je suis pour le changement des sanctions pour non-observation de la loi sur la parité. Que si une liste ne remplit pas les conditions, la candidature soit rejetée. Quant aux députés, je propose de réunir deux circonscriptions et d’élire un couple homme-femme. Au même niveau de décision.



Poisson
31 mars, 2009, 3:20
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Poisson  dans - Environnement ! peche_aharengsPoisson : Bientot plus d’aquaculture que de poisson de ligne.

Naturavox, mars 2009

Le poisson disparait peu à peu de nos mers, soumis qu’il est à la sur-pèche.C’est ainsi que d’après la FAO, l’organisation des Nations Unies qui suit particulièrement l’agriculture et la pêche,8pct des « stocks halieutiques » ont déjà disparus, 19 % sont considérés comme surexploités et 52 % sont considérés comme pleinement exploités. Les 21 % doivent donc être considérés comme sous exploités ou immangeables.

C’est comme pour le pétrole, nous en sommes déjà pour la pèche de capture à un plateau de production de 82 millions de tonnes de prise de mer depuis l’an 2000. Et ce malgré des matériels et des méthodes toujours plus performantes. Pour la FAO, c’est l’inefficacité totale des États pour lutter contre la pêche illégale, restreindre le chalutage de fond, gérer les stocks et s’attaquer à la sur-pèche qui est responsable de cette situation déplorable.

Heureusement, d’une certaine façon, l’aquaculture n’arrète pas de se développer au rythme de 7 % de hausse par an.A ce rythme là nous consommerons autant de poissons d’élevage que de poissons, mollusques et crustacés « sauvages » dès 2013/15. Heureusement d’ailleurs car sans cela comment arriverions nous à nourrir les 9 milliards d’habitants de la planète prévu être atteint en 2050 ? 



The Hours
31 mars, 2009, 2:45
Classé dans : - Cinema !

THE HOURS : UNE ADAPTATION MAGISTRALE DU ROMAN DE MICHAEL CUNNINGHAM (PRIX PULITZER EN 1999) 19 Mars 2003

Réalisateur : Stephen Daldry

Scénariste : David Hare

Avec : Nicole Kidman (Virginia Woolf), Julianne Moore (Laura Brown), Meryl Streep (Clarissa Vaughn), Allison Janney (Sally), Ed Harris (Richard), Claire Danes (Julia), Toni Collette (Kitty), Eileen Atkins (Barbara), Stephen Dillane (Leonard Woolf), John C. Reilly (Dan Brown), Miranda Richardson (Vanessa Bell) The Hours dans - Cinema ! t400

RESUME :

Richmond, Angleterre, début des années 1920, Virginia Woolf, grande écrivain, lutte contre la folie. Elle débute l’écriture de son plus célèbre roman, Mrs Dalloway.

Vingt ans plus tard, à Los Angeles, Laura Brown est une mère au foyer. Elle commence la lecture de ce roman, Mrs Dalloway . La découverte de cet ouvrage la bouleverse profondément, à tel point qu’elle songe à changer radicalement de vie.

De nos jours, à New York, Clarissa Vaughn aide et soutient son meilleur ami, Richard, un poète atteint du virus du sida. Clarissa est la version moderne de Mrs Dalloway.

Ces histoires de trois femmes distinctes, à trois périodes différentes, dans trois villes différentes vont se rejoindre portées par le magnifique et puissant chef d’ouvre de Virginia Woolf, Mrs Dalloway.

 

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AVIS PERSONNEL :

Ce long métrage est une adaptation du roman de Michael Cunningham The Hours qui a remporté en 1999, le Prix Pulitzer. The Hours était également le titre provisoire du roman de Virginia Woolf qu’elle a ensuite intitulé Mrs Dalloway. Roman autour duquel est centré l’histoire.

Un film magnifique à voir absolument. Un casting impeccable, des actrices époustouflantes, une réalisation à la hauteur et un scénario riche aux dialogues savoureux.

Une plongée dans l’insatisfaction humaine et le désespoir. Trois femmes dépressives dont une lesbienne avouée, une entrain de découvrir son attirance pour une femme et une écrivain maudite. A éviter si vous déprimez et si vous avez besoin d’une bonne dose d’humour. Sinon, tout simplement inoubliable.

Emouvant et bouleversant. Un film qui ne laisse pas indifférent. Un chef d’oeuvre inévitable.

 

CRITIQUES PRESSE & RECOMPENSES :

« Qui a peur de Virginia Wolf? Ni Meryl Streep, ni Julianne Moore, ni l’extraordinaire Nicole Kidman (qui l’incarne) dans ce film d’une délicatesse extrême qui mêle les histoires de trois femmes en une seule. Trois femmes comme chez Altman ? Oui. » Jean-Pierre Dufreigne (L’Express)

« Quiconque verra The Hours comprendra pourtant que L’Ours d’argent, décerné à Berlin à Julianne Moore, Meryl Streep et Nicole Kidman, représentait la seule façon équitable de s’incliner devant trois actrices en état de grâce dans un éloge de la vie si ardent qu’il pousse jusqu’aux confins de la maladie et de la mort. » Gilles Renault (Libération)

« (…) il permet un jeu tout en émotions pour les trois actrices, superbes : Julianne Moore, Meryl Streep, et surtout Nicole Kidman, méconnaissable en intellectuelle névrosée, dévorée par l’incommunicabilité. » Françoise Maupin (Le Figaroscope)

« (…) c’est un festival d’acteurs, un bijou d’interprétation. Il y a là trois comédiennes au sommet de leur art. » Pierre Vavasseur (Le Parisien)

« Le cinéma, quant à lui, passe ici par les actrices. Julianne Moore (…) exprime une sorte de détermination comateuse absolument captivante. Tout compte fait, Nicole Kidman a bien raison de porter un faux nez pour jouer Virginia Woolf, car elle est ainsi, génialement, cette conscience malheureuse emmurée dans un corps et un visage qui lui sont étrangers. Pour Meryl Streep, sensationnelle, c’est comme si elle reprenait, plus de vingt ans après, son rôle lesbien dans Manhattan (…). » Louis Guichard (Télérama)

« Une oeuvre subtile et moins classique qu’il n’y paraît. Malgré un récit extrêmement dense, la mise en scène de Stephen Daldry est parfaitement fluide. La performance des trois comédiennes principales (et celle de Toni Colette) est pour beaucoup dans le plaisir pris avec ce très beau film. » Guillaume Tion (MCinéma.com)

« Sans racolage ni effets appuyés, The Hours distille une petite musique qui nous hante longtemps. » Jean-Philippe Guerand (TéléCinéObs)

« Le film a trouvé ainsi sa propre architecture, et respecte ce système de couloirs secrets et de portes invisibles qui font que Nicole Kidman, Julianne Moore et Meryl Streep ne sont pas trois femmes différentes qui possèdent des points communs, mais trois incarnations d’un même sentiment de la vie : cet instant où l’on perd pied et où, remis d’aplomb sans savoir comment, on s’émerveille d’un instant banal. » Philippe Piazzo (Aden)

« Nicole Kidman relève le défi et joue avec intensité le personnage de Virginia Woolf, qui, il est vrai, n’avait physiquement rien d’une danseuse de music-hall. » Agathe Moroval (Fluctuat.net)

« Trois détresses qui se répondent à travers le siècle, pour un troublant portrait de femmes. Pour son second long métrage, Stephen Daldry confirme l’élégance et la musicalité de sa mise en scène. » Xavier Leherpeur (Ciné Live)

« Avec des comédiens magnifiques, notamment Nicole Kidman et Ed Harris, qui sont d’impressionnants concentrés de souffrance, Stephen Daldry joue sur la corde noire de l’hypersensibilité. Mieux vaut être robuste. » Marie-Noëlle Tranchant (Le Figaro)

« Un mélo cérébral porté par trois actrices au sommet de leur art. » Sophie Benamon (Studio Magazine)

« Mais il faut reconnaître à ce mélo métaphysique, qui tente de capturer le caractère impalpable du bonheur, une émotion née du travail de ses trois actrices. » Sophie Grassin (Première)

« Les bouquets de fleurs, les sonneries de réveil, ou les baisers sur les lèvres, signes d’une homosexualité (latente ou non), sont de bien trop visibles – et audibles – enchaînements, là où Cunningham leur faisait partager par de délicates analogies la douleur de vivre, le goût des mots et la difficulté d’être femme, amante et mère. Malgré tout, l’émotion rejaillit à certains moments. Et chaque image donne envie de se (re)plonger dans la lecture des pages inspiratrices – ce qui, en soi, est plutôt une très bonne nouvelle. » Isabelle Danel (Les Echos)

 

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31 mars, 2009, 0:50
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 dans - Féminisme ! 184830Le sexisme de retour

À la veille de la Journée de la femme, une passionnante conférence, organisée par le Planning familial et le Centre d’information départemental sur les droits des femmes et des familles (Cidff) est venue rappeler que le sexisme est encore bien vivace et qu’il fait même un retour en force dans le comportement des jeunes générations.

En cause : les stéréotypes et préjugés qui, s’ils s’expriment de façon plus discrète qu’il y a cinquante ans, continuent, semble-t-il, à déterminer le rôle de la femme au sein de la famille et de la société. La démonstration de Delphine Bitton, du Planning familial, à travers l’exemple de la littérature enfantine est, à ce titre, éloquente.

Nouveaux modèles

De la série des « Martine », encore vendue à 85 millions d’exemplaires dans le monde, aux aventures du « Club des cinq », le modèle de la jeune fille polie et courageuse, qui sait, à l’occasion, se comporter comme une vraie petite maman et cède toujours volontiers au garçon le rôle de chef, sape insidieusement la notion d’égalité revendiquée par la société, selon l’intervenante. Sans parler de la presse magazine jeunesse qui, en ciblant et multipliant les titres par sexe et tranche d’âge, conditionne l’intérêt des petites filles pour la mode, les histoires romantiques, la cuisine ou les loisirs créatifs.

Depuis les années 1980, avec notamment la création de l’École des loisirs, la littérature jeunesse se montre plus attentive à l’apprentissage de l’égalité et véhicule des modèles plus modernes de jeunes filles qui libèrent, par exemple, leur prince des griffes du dragon. Certaines maisons d’édition, comme Talents Hauts, se sont même spécialisées dans l’édition de livres jeunesse anti-sexiste. C’est d’ailleurs à partir de ces ouvrages que le Planning familial va à la rencontre des enfants dès le CE 2, pour susciter le débat et la réflexion sur la place et le rôle de chacun.

Absentes de l’histoire

Cette évolution de la littérature jeunesse n’a pas trouvé sa traduction dans les manuels scolaires. L’intervention de Nathalie Mallard, professeur d’histoire-géographie, a démontré qu’à quelques très rares exceptions, les femmes sont largement absentes des manuels d’histoire. D’ailleurs, une rapide introspection de nos souvenirs d’école, à laquelle la conférencière a invité l’assistance, suffit à se convaincre de l’indigence de l’enseignement sur ce point.

Une des influences des plus flagrantes de ces stéréotypes sexués s’opère sur les choix d’orientation scolaire et professionnelle des filles et des garçons. Si les filles réussissent globalement mieux leur scolarité, elles restent cantonnées aux filières déterminées par les schémas sociaux (carrières sanitaires et sociales, service aux personnes, éducation) et investissent moins les filières scientifiques et technologiques. Les chiffres de l’orientation en Dordogne, énoncés par Annie Hote Chalbos, présidente du Cidff, traduisent même une tendance plus marquée qu’ailleurs à ces choix.

Auteur : Dominique David



30 mars, 2009, 23:30
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 dans - Cinema ! marionnette-doublevieveroniquePhilippe Volter, comme un météore

par Philip Tirard

Mis en ligne le 15/04/2005
http://www.youtube.com/watch?v=TEVlDb43v-4&hl=frImage de prévisualisation YouTube

Le comédien et metteur
en scène belge a choisi
de prendre congé de la vie
à l’âge de 45 ans.
Il se faisait une très haute idée de son métier d’artiste.

C’était le lundi 23 septembre 2002 au Théâtre du Parc, pour un hommage à Jacqueline Bir et à ses cinquante ans de carrière. Philippe Volter monta sur scène pour évoquer, avec humour et tendresse, cette mère hors norme. Son père, Claude Volter, était dans la salle, bien incapable de prendre la parole en public: il s’éteignit à peine huit semaines plus tard, à 69 ans. Difficile de mieux répondre à la définition d’un enfant de la balle que Philippe Volter. «Je dormais dans le théâtre de mes parents, confiait-il dans une interview à «L’Humanité» en juillet 2003. S’ils avaient été bouchers, j’aurais dormi dans la boucherie…» A quatre ans, il descendait un grand escalier sur scène en tenant la main de sa mère. Bientôt son père lui confierait le rôle de Britannicus. Autant dire qu’il avait peu à apprendre au Conservatoire de Bruxelles dont il n’acheva pas le cycle complet.Un surdoué

«Je me souviens de l’arrivée de Philippe Volter sur nos scènes comme de celle d’un météore», dit Jacques De Decker. Dans L’Ange couteau de Jean Sigrid, il était fabuleux face à Claude Etienne. Plus tard, nous avons travaillé ensemble. Il avait tout: le panache, l’élégance, la beauté, le lyrisme, l’agilité physique. Toutes qualités qui en firent aussi un remarquable d’Artagnan dans «Les Trois Mousquetaires», puis un mémorable Hamlet – qui lui vaudra l’Eve du meilleur comédien en 1985, NdlR -, dont il donnait le monologue Être ou ne pas être juché sur une galerie métallique au sommet de la Rotonde du Botanique. Il y eut encore son Treplev dans La Mouette de Tchekhov…»

Ces trois spectacles étaient mis en scène par Daniel Scahaise, qui le dirigea aussi dans «La Nuit juste avant les forêts», le premier texte de Bernard-Marie Koltès monté en Belgique. «C’était un surdoué, confie un Scahaise inconsolable. Il s’investissait complètement dans ses rôles, au point d’en devenir parfois difficile à vivre. Il nourrissait la plus haute exigence à l’endroit de son art, pour lui-même comme pour les autres.»

Prise de risques

Promis à une confortable carrière d’acteur en Belgique, Philippe Volter est aussi lucide qu’ambitieux. Il comprend, à 25 ans, qu’il a déjà fait le tour de la question: il a joué au National, au Parc, au Rideau, aux Galeries, au Varia, à l’Ancre, etc. En 1985, il part pour Paris, pousse la porte du Conservatoire pour en repartir aussi sec, vit une vraie «galère» et finit par jouer dans le «Mariage de Figaro» de Beaumarchais mis en scène par Jean-Pierre Vincent.

Cela lui vaut de décrocher le personnage de Jean Nilson face à José Van Dam dans «Le Maître de musique», le film de Gérard Corbiau qui va changer la face du cinéma belge. Il enchaîne les films: «Les Bois noirs» de Jacques Deray, avec Béatrice Dalle et Stéphane Freiss, puis «La Double Vie de Véronique» de Krzysztof Kieslowski avec Irène Jacob. Ses qualités de bretteur font merveille face à (la doublure de) Gérard Depardieu dans le «Cyrano de Bergerac» de Rappeneau.

Au début des années 90, il paraît lancé dans une carrière cinématographique à succès. Mais les véhicules suivants ne s’avèrent pas à la mesure de ses espérances. Et puis, cet homme qui ignore le sens du mot compromis n’aime rien tant que prendre des risques… Il revient vers le théâtre, mettant en scène Jacqueline Bir dans «Master Class» de Terence McNally: le monde du chant et de l’opéra, encore et toujours.

La dépression

Au fil de la décennie, son physique se marque; mélomane, il souffre de troubles de l’ouïe. En 2003, après la mort de son père, il fait un fracassant retour au pays, prenant la direction de la Comédie Claude Volter aux côtés de Michel de Warzée. Un an plus tard, il démissionne, non sans avoir mis en scène un excellent «Misanthrope» de Molière.

«Depuis plusieurs mois, il traversait une terrible dépression, confie son ami le comédien Yves Claessens. C’était un être exceptionnel, mais son extrême lucidité pouvait le mener à un auto-aveuglement. Il était extraordinairement chaleureux et fidèle en amitié. Sur un plateau, c’était un pur-sang, fragilité et d’excès compris.»

Philippe Volter aura choisi sa fin, comme le loup solitaire qu’il était aussi. Victime de la dépression? Il n’a pas su trouver, en tout cas, la sortie du labyrinthe; sa part d’ombre a mangé toute sa lumière. Nos pensées vont à Jacqueline Bir qui vient de bouleverser la Belgique francophone pendant plusieurs mois avec son interprétation du petit garçon condamné par la leucémie dans «Oscar et la dame rose» d’Eric-Emmanuel Schmitt. Elle reprend en ce moment même «Le Récit de la servante Zerline» d’Hermann Broch, selon Jacques Franck, «le monologue le plus dur et le plus difficile de sa carrière». Terrible métier…

© La Libre Belgique 2005 Source : La libre Belgique



LE MONDE DE JEANNE, divagations sur une passante de Pol
30 mars, 2009, 22:59
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  LE MONDE DE JEANNE, divagations sur une passante de Pol dans - LE MONDE DE JEANNE !!!! fenetre_femme.1187682912
roman, 260 pages, 2009, Stéphane Cuttaia
 
L’hiver 2049 est glacial en France.  La société de communication a enfin atteint son apogée et l’incommunicabilité entre les êtres son abîme. La société moderne offre à chacun la possibilité de vivre en harmonie avec des autres artificiels et chercher à se réaliser dans l’inévitable enfer des autres authentiques est presque devenu un acte de résistance.
Jeanne, mère d’une petite fille, passante, errante et rêveuse, n’a jamais entendu parler de Georges Brassens. Elle a néanmoins confusément le sentiment d’incarner la mélancolie d’un avenir désespérant(*), prostrée dans le non choix d’une compréhension douce et factice ou d’une imcompréhension vraie et douloureuse. Jeanne et Esteban, porteurs de deux époques, deux solitudes, deux tempéraments différents vont se rencontrer. Jeanne imagine et espère enfin vivre ce qu’elle appelle l’instant rouge indien : l’instant éphémère et vertigineux où, dans deux existences, deux êtres imparfaits sont en parfaite résonance l’un avec l’autre.

(*) Les Passantes, poème d’Antoine Pol (1913) mis en musique par Georges Brassens (1972).

 http://www.dailymotion.com/video/x4a7ou_pierre-perret-les-passantes_people



30 mars, 2009, 19:18
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 dans - Cinema ! e4b952eLa Journée de la jupe

Film français de Jean-Paul Lilienfeld

CRITIQUE

D’emblée, la tension est présente, presque tangible. On la perçoit dans les gestes mal assurés d’une femme au visage las, qui tente de se frayer un passage au milieu d’ados chahuteurs – ses élèves. La classe de français commence en retard et dans le chaos. Et puis un revolver tombe du sac d’un petit caïd. A bout de frayeur et d’exaspération, Sonia Bergerac (Isabelle Adjani, parfaite) ramasse l’arme et braque les gamins (eux aussi très bien) qui lui en ont fait tant voir. A mesure que la pression augmente à l’extérieur de la salle où elle retient les collégiens, l’enseignante se transforme en justicière. Le racisme, la religion, le machisme, toutes ces choses pesantes et taboues sont étalées sur la table, pour le meilleur et pour le pire…

Etrange film, sur le fil du rasoir, délibérément incorrect et remarquablement écrit. Si les premiers accents sont ceux de la comédie corrosive, le propos dérive inexorablement vers la tragédie. La Journée de la jupe n’est pas (qu’)une chronique aigre-douce sur la violence en milieu scolaire. C’est une fable réussie sur toutes ces peurs qui s’ancrent dans le quotidien et auxquelles on finit par s’habituer, faute d’oser en soigner les racines, alors qu’elles ne peuvent aboutir qu’à un désastre social et humain.

Sophie Bourdais

Télérama, Samedi 28 mars 2009



30 mars, 2009, 19:16
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 dans - Musique ! bashungBashung, le rock pour vivre vite

TELERAMA  Le 16 mars 2009 Envoyez à un ami   Imprimez 
  

Jusqu’au bout, Alain Bashung aura tout fait pour déjouer la mort, titubant mais debout sur scène, plus grandiose et bouleversant que jamais. Jusqu’aux Victoires de la musique, il y a quelques jours, où il chantait “Un jour, je parlerai moins, jusqu’au jour où je ne parlerai plus”. Ce jour est venu. Laurent Rigoulet lui rend hommage en racontant quelques-unes de ses vies. Il y a des jours comme ça où il est impossible de ne pas utiliser le mot “bouleversant”.C’était donc la dernière image. Dans les ultimes replis d’un hiver de glace, Alain Bashung est apparu un samedi de février sur la scène du Zénith parisien. Il avait comme toujours la beauté du diable, une pâleur de Nosferatu sous un chapeau de série noire, le costume sombre flottant sur l’éternelle silhouette de rocker efflanqué. Il était sur scène en équilibre instable, comme du temps où il brûlait les planches dans le feu d’une demi-jeunesse, hurlant « Toujours sur la ligne blanche » dans un souffle de lyrisme rock incandescent dont
la France n’avait aucune habitude. Ce soir de l’horribilis 2009, sa maigreur était raide et sa voix tremblait quand il soufflait les paroles de spleen écrites pour lui par Gaëtan Roussel, de Louise Attaque, avant l’irruption de la maladie. Ça disait « un jour je parlerai moins jusqu’au jour où je ne parlerai plus », et il était déjà difficile de retenir ses larmes. Alain Bashung a rythmé nos existences avec des poses sublimes de trompe-la-mort, mais les années ont filé et ça n’était plus du chiqué. « Souhaitons-nous une année resplendissante », lançait-il au public des Victoires de la musique qui lui rendaient un troublant hommage. Quinze jours plus tard, le chanteur de nos vertiges et de nos trous noirs, notre Presley, notre Dylan, notre Ian Curtis, notre crooner new wave inégalé, s’est éteint, entouré des siens, dans un hôpital parisien.

Depuis plus d’un an, on savait Bashung malade d’un cancer du poumon. Rattrapé par ce petit rituel qui nous frappait chaque fois qu’on le rencontrait : les paquets qu’il posait sur la table, alignés ou en petit tas, comme s’il s’apprêtait à tout consumer en une heure ou deux de confidences. Les premières alertes du mal ne l’avaient pas apaisé, la vie lui filait entre les doigts, la vie était une pente qu’il dévalait à tombeau ouvert (« J’ai pas vu le panneau/ fermé les yeux… »). Peu avant de mourir, Gainsbourg lui avait écrit C’est comment qu’on freine ?, manière de croiser leurs destins comme des ados qui scellent un pacte dans la brûlure ou le sang.

Depuis l’adolescence, Bashung avait choisi le rock pour vivre vite, sur le fil et dans l’excès. « Une réaction à l’environnement de mes 15 ans, disait-il dans les colonnes de Libération. Autour de moi, il n’y avait aucune volonté de vivre sa vie de manière un peu qualitative, de s’éclater. J’aurais pu mourir par ennui, par manque de fantaisie… » « C’est pas facile de se foutre en l’air, chantait-il, ça coûte, ça coûte, ça coûte très cher… ». Mais le rock était une promesse d’éternité. Et c’est ainsi qu’il a pris la route ces derniers mois pour une suite de concerts chargés d’une énergie tragique et fantastique. Comme l’idole Dylan et sa « tournée sans fin », Bashung semblait parti pour ne jamais s’arrêter.

Même quand il peinait à tenir debout comme lors des dernières Francofolies de
La Rochelle, le résultat était grandiose et bouleversant, une communion comme il n’en avait jamais connu, lui qui, un jour de 1995, nous disait : « Je me sens plein d’une énergie bizarre. Un drôle d’état. L’impression d’avoir en moi chaque spectateur. Je suis chargé comme une centrale atomique. » Le chanteur de Gaby a fait ses adieux sur scène où il atteignait une forme d’oubli extraordinaire, « réinventant chaque soir la vie en vapeur d’essence, déjouant la mort en chantant » (Bayon in Libération en janvier dernier). « C’est comme le bateau, ce truc, nous disait-il, toujours en 1995. En public, la sanction est immédiate. C’est pas tortueux comme un enregistrement, c’est mieux pour la tête. » A l’époque, il avait 48 ans et se sentait pour toujours animé de la furie du rock : « A 50 ans, j’espère encore me rouler par terre. Je me sens bien ainsi. Ça n’inquiète personne. Au contraire. J’ai un peu de mal à m’extérioriser, alors quand je me laisse aller, mes proches disent : “Tiens, il est heureux !” »

Les photos qui accompagnent aujourd’hui la nouvelle de son décès le montrent triomphant sur la scène des Victoires de la musique où il fût l’artiste le plus récompensé (dix trophées). On en oublierait presque que Bashung, « le Johnny new wave », l’alchimiste génial qui a croisé le fer avec toutes les influences de la fin du XXe siècle, de Johnny Kidd à Léo Ferré, de Brel à Wire, a emprunté une multitude de détours avant de rencontrer le succès sur le tard et presque par hasard en 1980, fin des années punk en chantant
la Gaby inventée par Boris Bergman. Ça faisait près de vingt ans qu’il s’était lancé sur la piste du rock après avoir été pistard pour épuiser la flamme de l’adolescence sur les vélodromes de sa lointaine région d’Alsace (« Quatre heures par jour à 15 ans. Les jambes longues, plutôt un bon sprinter. Un sport assez esthétique, un jeu un peu dangereux : frôler à un demi millimètre la roue de l’autre »).

Bashung ne connaissait pas son père et fut longtemps élevé par sa grand-mère. Dans l’ennui mortel d’un village de huit cents habitants, ça lui a donné la rage, l’envie de vaincre, de faire du chemin et de pulvériser les barrières : « Mon beau-père était boulanger, alors on m’a souvent traité de bâtard, lâchait-il un jour dans les colonnes d’Epok. Je me suis dit : “Je vais leur montrer ce que c’est un bâtard” » Il a tout enregistré, tout digéré, tout mélangé. Les chansons des caves de Saint-Germain et les obscurs rocks de Roy Orbison ou Johnny Kidd, qu’il écoutait sur les radios destinées aux bases américaines. Au mitan des années 60, il se rêvait en Bob Dylan ou en Gene Vincent et il écrivait pour Noël Deschamps. « Comme Ronnie Bird, il essayait d’inventer un versant pop ou rock français, racontait Bashung. C’était effarant, on avait l’impression d’être des Martiens. » En 1967, il jouait, sur la scène du Palais des Sports, en ouverture de rideau pour les Troggs, Cream et les Pretty Things. En 1968, il surfait sur une mini-vague folk. En 1971, il chantait du Feu dans les veines et se taillait un look hirsute à
la Cat Stevens. En 1973, il interprétait le rôle de Robespierre (puis sur scène, celui de Fouquier-Tinville !) dans la Révolution française en Opéra rock. En 1976, il produisait Rock’nRoll Machine pour Dick Rivers… Plusieurs vies avant la sienne.

 



30 mars, 2009, 19:00
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 dans - Sans commentaires... ! marche_art_sevres_2009Collection Pierre Bergé-Yves Saint Laurent – la dispersion phare de l’année [09/02/2009]

Depuis plus de six mois, la dispersion de la collection Pierre Bergé et Yves Saint Laurent est annoncée à grand renfort médiatique, comme « la vente du siècle ». A l’heure ou L’Art Market Confidence Index (AMCI) est dans le rouge, les moyens mis en œuvre pour la dispersion de quelques 691 lots sont à la mesure des œuvres présentées : exceptionnels.

Pierre Bergé a choisi Christie’s pour officier et le Grand Palais de Paris comme écrin de cette vente de prestige. Sous la nef monumentale, le marathon des enchères va durer trois jours (du 23 au 25 février 2009) avec des pièces d’Extrême-Orient, d’antiquité, diverses sculptures et objets d’art, de l’orfèvrerie, des émaux du XVIème siècle, des dessins du XIXème siècle, les plus grandes signatures françaises de l’art déco, des chefs-d’œuvre d’art anciens et d’art moderne. Des signatures rares en salles des ventes seront proposées dont Ingres, Franz Hals, Jacques-Louis David, ou Géricault. Parmi les cinq GÉRICAULT Théodore [1791-1824] proposés émerge l’un des plus célèbre double portrait de l’histoire de la peinture : celui d’Alfred et Elisabeth Dedreux. Christie’s en attend 6 M€, ce qui rafraîchirai un record détenu depuis 1989 par le Portrait de Laure Bro, née de Comères (Sotheby’s Monaco, adjugée l’équivalent de 4,9 M€).

Concernant l’art moderne, les plus belles signatures s’enchaînent encore : Giacometti, Juan Gris, Vuillard, Paul Klee, Henri Toulouse-Lautrec, Amedeo Modigliani, Edward Munch, Odilon Redon, le Douanier Rousseau, Seurat, Manet, Gustav Klimt, etc. Des pièces historiques scandent cette collection d’art moderne, dont la grande sculpture Madame L.R. (Portrait de Mme L.R.) en bois de chêne sculpté par BRANCUSI Constantin [1876-1957]. Cette rareté pourrait déclasser l’actuel record de l’Oiseau dans l’espace (24,5 millions de dollars en 2005 chez Christie’s) si elle atteignait son estimation haute de 20 M€. Avant de rejoindre une sculpture Sénoufo avec laquelle Pierre Bergé s’est plu à l’associer, Madame L.R. avait appartenu à Fernand Léger. Outre ses qualités intrinsèques, le parcours de cette sculpture constitue une plus-value indéniable. Pas moins de six œuvres de LÉGER Fernand [1881-1955] seront soumises à enchères, dont l’impressionnante toile La tasse de thé, un hymne à la modernité de 1921. Une adjudication espérée autour de 15 M€ en ferait l’un des quatre plus beaux coups de marteau de l’artiste. Le marché, rarement alimenté en belles toiles de MONDRIAAN Piet [1872-1944], se voit proposer le même jour trois Compositions fidèles aux lois du néoplasticisme (estimées entre 5 et 10 M€). Les formats sont conséquents : on n’avait pas vu d’œuvres de plus de 50 cm sur le marché public depuis cinq ans. La dernière en date, New York, Boogie Woogie (95,2×92 cm) enregistrait d’ailleurs un record de 18,75 M$ (14,6 M€) chez Sotheby’s NY en 2004. Christie’s attend plus encore d’un superbe PICASSO Pablo [1881-1973] cubiste, Instruments de musique sur un guéridon (estimé 25 à 30 M€).

Pierre Bergé et Yves Saint Laurent n’ont pas élargi leur collection à l’art contemporain, préférant sélectionner une œuvre historique, représentative de l’ouverture du XXème siècle à l’art contemporain. Il s’agit de Belle haleine – Eau de voilette, flacon ready-made sur lequel DUCHAMP Marcel [1887-1968] apparaît travesti en Rrose Sélavy d’après une photographie de Man Ray. Cette pièce emblématique est estimée entre 1M€ et 1,50 M€.

Dans cette période de tourmente du marché de l’art ou les auctioneers ont joué la carte de la prudence lors des premières vacations de l’année 2009 en minimisant le nombre de lots proposés, cette vente est une parenthèse : les pièces d’exception présentées, portées par une provenance prestigieuse, décrocheront des sommets. La crise n’empêche pas les records pour peu que les œuvres soient majeures, à l’instar de celui signé par la Petite danseuse de quatorze ans de DEGAS Edgar [1834-1917], frappée 11,8 M£ le 3 février 2009 chez Sotheby’s (13,2 M€) et devenue la plus belle enchère pour une sculpture de l’artiste malgré la fragilité du marché.


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