chaque être possède dix mille mètres de ciel bleu sur sa tête. antoine de saint-exupéry

On dirait vraiment le paradis
29 juin, 2009, 17:43
Classé dans : - Littérature !

On dirait vraiment le paradis dans - Littérature ! 9782070787227

 On dirait vraiment le paradis

John Cheveer

Du polar, de l’aventure, de la bande dessinée… et le doux-amer John Cheever. De quoi rester éveillé à la plage.

Au commencement, il est écrit : « Cette histoire est destinée à être lue au lit dans une vieille maison par une soirée pluvieuse. » On se croit au chaud dans un des volumes surannés de la Bibliothèque rose. On va vite être emporté au-delà des apparences du quotidien par la phrase sinueuse – élégance et humour doux-amer – de l’Américain John Cheever (1912-1982). Cheever, nouvelliste sensible et imaginatif, éminente signature du magazine The New Yorker, compagnon de la « plume chic et style » des John Updike, Raymond Carver, William Saroyan…

Nouvelles et romans de Cheever racontent en douce l’envers du décor, les coulisses de vies anonymes ou tenues secrètes. On dirait vraiment le paradis, publié aux Etats-Unis deux mois avant sa mort et aujourd’hui traduit en français, porte en lui tous les tourments de Cheever : l’usure des jours ordinaires, les incertitudes existentielles, les désenchantements amoureux, la forfaiture du temps qui passe, la petitesse des gens de bien – ses voisins, un peu de lui-même.

Ecrit en 1977, ce roman semble avoir été pensé pour le XXIe siècle tant y résonnent nos amertumes et nos déconvenues : paysages massacrés par la pollution, politiciens véreux, solitudes effrayantes, amours avortées. Sears, personnage taciturne mais de bonne compagnie, est un homme vieillissant qui ne peut l’admettre. Il veut s’offrir une ultime passion et s’entiche d’une femme insaisissable, succombe aux désirs d’un garçon d’ascenseur, écarquille les yeux, découvre ce que fut sa vie, ce qu’est l’existence : rien qu’une eau trouble. Tout comme Cheever, qui, à la fin de sa vie, osa dire au grand jour son homosexualité, Sears balance de désillusions en mélancolies, d’espoirs en révoltes.

Martine Laval

Telerama n° 3102 – 27 juin 2009


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