chaque être possède dix mille mètres de ciel bleu sur sa tête. antoine de saint-exupéry

Etreintes brisées
21 mai, 2009, 8:56
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Qu’y a-t-il dans la tête de Pedro Almodóvar ?

Une histoire d’amour fou, dominée par la fatalité, la jalousie et la trahison. Une histoire dont l’image la plus éloquente est la photo de Mateo et Lena, déchirée en mille morceaux.
Des histoires, et encore des histoires. Ainsi que tous les films qui les ont un jour racontées, et ceux qui pourraient leur être consacrés… Etreintes brisées est un film d’amour, le récit tragique d’une passion interdite, mais c’est d’abord un film d’amour du cinéma. On y trouve une classique mise en abyme, un film dans le film, intitulé Des filles et des valises, curieux fragment d’autoremake de Femmes au bord de la crise de nerfs. On y décrypte une belle référence cinéphile : le titre, Etreintes brisées, vient de Voyage en Italie, de Rossellini, précisément d’une scène où George Sanders et Ingrid Bergman découvrent les restes pétrifiés d’un couple d’amants surpris par l’éruption du Vésuve, à Pompéi. Etreinte éternelle dans la mort, comme un présage du malheur en marche…

On y parle, aussi, des films possibles, à venir : le héros, cinéaste devenu scénariste depuis qu’il est aveugle, ébauche sans cesse des récits. Il lance des idées en l’air. Certaines abracadabrantes, d’autres qui résonnent étrangement avec sa propre biographie – comme celle, dont il faudrait vérifier l’authenticité, de l’enfant caché d’Arthur Miller… Etreintes brisées pourrait sans mal être la matrice d’une demi-douzaine de films supplémentaires, boutures qui se rapporteraient à lui comme lui-même se rapporte au cinéma.

Deux ans après Volver, davantage ancré dans la vraie vie, le dix-septième film de Pedro Almodóvar marque, donc, le triomphe du récit gigogne, ou plus exactement de la fiction proliférante au sein de laquelle intrigues et époques s’imbriquent ou se juxtaposent. Almodóvar a toujours été un immense conteur, comme l’ont prouvé les structures complexes de Tout sur ma mère ou de La Mauvaise Education. Mais ici son savoir-faire narratif est poussé à l’extrême, coq-à-l’âne ou queue de poisson compris : « Il faut savoir terminer les films, même sans y voir clair », lancera le personnage principal d’Etreintes brisées  – à l’instant même où l’ami Pedro achève le sien, qu’il aurait pu continuer ad libitum et embrouiller encore…

Remettons le récit dans le bon sens. Soit, aujourd’hui, un ex-cinéaste aveugle – et plutôt jouisseur à l’image d’une leste séquence d’ouverture. Quand un jeune réalisateur surgit dans sa vie, c’est le passé qui refait surface. Quinze ans plus tôt, il était une fois une jolie secrétaire qui savait arrondir ses fins de mois. Elle finit dans le lit puis dans la vie de son riche et vieux patron. Elle rêve d’être actrice : là voilà qui passe des essais auprès du cinéaste encore voyant. Il en fait l’héroïne de son film et tombe éperdument amoureux d’elle.

Ce flash-back, en partie raconté par le protagoniste, est le meilleur : il endosse le maniérisme du grand cinéma romanesque d’antan, quelque part entre Douglas Sirk et Vincente Minnelli. Tout entier dédié à la beauté de Penélope Cruz, qu’Almodóvar peint en actrice débutante, mais rayonnante – magnifique séquence d’essais –, mi-femme fatale, mi-créature sacrificielle : c’est par elle que le malheur arrivera, mais c’est elle qu’il meurtrira en premier. Coiffée comme Audrey Hepburn dans Sabrina, elle est à la fois innocente et sensuelle, enfantine et ravageuse.

Deux scènes feront date dans les best of du cinéaste, deux sommets d’ironie cruelle : la séquence où le riche vieillard engage une femme capable de lire sur les lèvres pour surprendre les amants, dépit amoureux à la puissance mille ! Et celle, plus pathétique encore, l’ultime scène d’amour sans amour avec sa jeune épouse… A cet humour vachard dans lequel Almodóvar excelle répond le romantisme désespéré du couple en cavale, traversant Lanzarote et ses paysages de fin du monde.

Dans ce film composite s’impose une drôle de figure centrale : Mateo, le cinéaste, incarné par Lluís Homar, déjà vu dans La Mauvaise Education, qui s’obstine à remonter les images tournées, jadis, avec celle qu’il aimait. Un personnage dont on cherche la clé : aveugle mais voyant à sa façon, victime et manipulateur, habile mécanicien des récits qu’il fabrique… Autoportrait fantasmé d’Almodóvar lui-même ? D’une richesse presque déroutante, imbriquant étroitement, jusqu’au vertige, le cinéma et la vie, Etreintes brisées n’atteint pas la plénitude de Tout sur ma mère ou de Parle avec elle, mais résiste, garde son mystère, trouble autant qu’il séduit. Il tiendra une place singulière dans une filmographie éblouissante.

Aurélien Ferenczi

Télérama, Samedi 23 mai 2009



simulation…
14 mai, 2009, 11:44
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simulation... dans - Cinema ! dvd_198

 Quand Harry rencontre Sally

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A tribute in honour of Krzysztof Kieslowski (1941/1996)
11 mai, 2009, 21:51
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 A tribute in honour of Krzysztof Kieslowski (1941/1996) dans - Cinema ! kieslowski_con%20los%20tres%20colores

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Raoul Peck, le profit et rien d’autre (3/3)
27 avril, 2009, 15:48
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Raoul Peck, le profit et rien d'autre (3/3) dans - Cinema ! leprofitetriendautre_64(1)

 

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Raoul Peck, le profit et rien d’autre (2/3)
27 avril, 2009, 15:44
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 Raoul Peck, le profit et rien d'autre (2/3) dans - Cinema ! profit2

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Raoul Peck, le profit et rien d’autre (1/3)
25 avril, 2009, 14:51
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Raoul Peck, le profit et rien d'autre (1/3) dans - Cinema ! 3543_profit2

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9 avril, 2009, 19:22
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 dans - Cinema ! slumdog-millionaire--2-copie-1 

Slumdog Millionaire

 

Le dernier film de Danny Boyle est une œuvre rare. Doublement d’actualité quand elle propose d’étudier un clivage social grandissant, et les inégalités des pays émergents comme l’Inde, mais surtout par le traitement de cette fresque moderne, qui questionne la position du cinéma contemporain face au monde en mutation. Boyle, fidèle à son désir de voyage (de Transpotting et l’appel de l’évasion, jusqu’au voyage ultime de Sunshine, en passant par La Plage, qui interrogeait déjà l’Asie du sud-est : Asie/Occident, comment ça va avec la douleur ?), parcourt l’Inde des bidonvilles de Bombay jusqu’au palais du Taj Mahal. On pense au Darjeeling Limited de Wes Anderson, qui nous offrait un road movie poétique et initiatique le long des chemins de fer indiens : une famille, plongée dans ce pays immense et étranger, allait se disloquer et se réunir. Dans Slumdog Millionaire, la déconstruction participe de la poésie. Boyle aime bouleverser les sociétés occidentales en les exposant à un isolationnisme forcé (la Grande Bretagne en quarantaine dans 28 jours plus tard, et dans La Plage), mais aussi en effaçant les clivages sociaux et les préjugés moraux. Pas de manichéisme dans le cinéma de Boyle, pas de discours, ni de démonstration. Boyle choisit le choc visuel, la confrontation, le paradoxe (déjà contenus dans le titre), pour que sa poésie soit aussi brutale que les thèmes qu’il aborde.

Le cinéaste veut, dans Slumdog Millionnaire, nous faire sentir l’Inde : l’odeur de merde des toilettes des slums, la chaleur étouffante du centre ville, le feu, le sang, la sueur. Les deux frères traversent l’enfance comme on traverse un pays, en y côtoyant le malheur et l’injustice, le viol, le meurtre, la faim…la misère. Mais Boyle ne dénonce pas, pas plus qu’il ne s’apitoie sur le sort de ses personnages. Partout, la misère rencontre la chance, la mort appelle l’amour, et l’injustice vient avec la fortune. La vie est faite de mélange, disait Bergson, Boyle semble aimer cette idée et s’amuse avec le talent d’un pur visionnaire à surprendre et dérouter : l’amour et l’espoir (l’humour !) surgissent là où le spectateur ne saurait les attendre, dans la merde et la poussière. On est donc dérouté par Slumdog millionnaire, qui se présente comme un conte de fées moderne, romantique et violent. Un oscar mérité pour ce film, qui a le courage de plonger dans la misère du monde, sans en ressortir grandi ou moralisateur. Le réalisateur prend tout à contre-pied, même le Happy End. L’ironie est palpable. L’enfant du bidonville devient millionnaire et (re)trouve l’amour… est-ce le signe que tout est possible ? Que la frontière entre extrême pauvreté et très grande richesse n’est pas si infranchissable qu’on veut bien le dire ?

     

Le réalisateur ne semble pas s’embarrasser de ces questions et nous présente une fable, un conte visuel plutôt qu’un drame social. Il s’agit ici d’interroger les codes du récit et de présenter une œuvre purement visuelle : un divertissement. Là est peut-être le point faible du dernier film de Danny Boyle. A force de voir le fond et la forme s’entre-choquer, le spectateur perd ses repères et ne sait plus sur quel pied danser (et effectivement, la musique, omniprésente, y est pour beaucoup !). Que retenir de cette fresque/mosaïque mélangeant légèreté et gravité ? Par moment, Slumdog se présente comme un très long clip musical, au traitement visuel original (chaque plan est une trouvaille), d’autres fois, Boyle transforme son récit en film d’aventures pour enfant. A force de présenter des images exotiques et déroutantes, et de les faire bouillir par un montage nerveux, Boyle perd le fil d’une histoire romantique incroyablement bien écrite. Slumdog Millionaire est une œuvre originale, déroutante, mais inégale. Bien que l’impression de confusion et de non finitude fasse partie intégrante du cinéma de Boyle, elle a ici quelque chose de gênant. Boyle nous invite au voyage, mais nous offre un film musical. Il nous offre une belle histoire d’amour, mais avec le recul de l’auteur qui s’en amuse. Il nous fait voir la misère, mais toujours comme décor d’un comte optimiste. Si bien qu’au sortir du film, on ne sait plus trop quoi penser : a-t-on réellement découvert l’Inde ?

Passé un bon moment de cinéma ? Doit-on s’indigner ou se réjouir ? Le mélange des genres, le choc visuel qui perturbe les préjugés de spectateur, sont des entreprises courageuses, rares et intéressantes. Pour cela, Boyle mérite effectivement son prix de meilleur réalisateur. Celui qui a déjà mis les pieds sur un plateau peut imaginer l’incroyable défi technique, géographique et humain que représentait la mise en image de cette histoire ambitieuse. Et le parti pris déroutant est tenu de main de maitre, par un cinéaste qui semble avoir présenté là son film somme, sans doute le plus personnel et le plus courageux. Mais si l’entreprise est remarquable et mérite ces applaudissements et cette récompense, le film lui-même, en tant qu’« œuvre du monde » et œuvre cinématographique, semble trop incomplet, confus, vaporeux. Slumdog est un film à voir, une expérience de cinéma réjouissante, mais sans doute pas le « meilleur film de l’année ». L’oscar, récompense hollywoodienne suprême (en termes médiatique et symbolique), n’est-il pas censé inscrire avant tout des films « majeurs » au panthéon des grandes œuvres de cinéma ?



The Hours
31 mars, 2009, 2:45
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THE HOURS : UNE ADAPTATION MAGISTRALE DU ROMAN DE MICHAEL CUNNINGHAM (PRIX PULITZER EN 1999) 19 Mars 2003

Réalisateur : Stephen Daldry

Scénariste : David Hare

Avec : Nicole Kidman (Virginia Woolf), Julianne Moore (Laura Brown), Meryl Streep (Clarissa Vaughn), Allison Janney (Sally), Ed Harris (Richard), Claire Danes (Julia), Toni Collette (Kitty), Eileen Atkins (Barbara), Stephen Dillane (Leonard Woolf), John C. Reilly (Dan Brown), Miranda Richardson (Vanessa Bell) The Hours dans - Cinema ! t400

RESUME :

Richmond, Angleterre, début des années 1920, Virginia Woolf, grande écrivain, lutte contre la folie. Elle débute l’écriture de son plus célèbre roman, Mrs Dalloway.

Vingt ans plus tard, à Los Angeles, Laura Brown est une mère au foyer. Elle commence la lecture de ce roman, Mrs Dalloway . La découverte de cet ouvrage la bouleverse profondément, à tel point qu’elle songe à changer radicalement de vie.

De nos jours, à New York, Clarissa Vaughn aide et soutient son meilleur ami, Richard, un poète atteint du virus du sida. Clarissa est la version moderne de Mrs Dalloway.

Ces histoires de trois femmes distinctes, à trois périodes différentes, dans trois villes différentes vont se rejoindre portées par le magnifique et puissant chef d’ouvre de Virginia Woolf, Mrs Dalloway.

 

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AVIS PERSONNEL :

Ce long métrage est une adaptation du roman de Michael Cunningham The Hours qui a remporté en 1999, le Prix Pulitzer. The Hours était également le titre provisoire du roman de Virginia Woolf qu’elle a ensuite intitulé Mrs Dalloway. Roman autour duquel est centré l’histoire.

Un film magnifique à voir absolument. Un casting impeccable, des actrices époustouflantes, une réalisation à la hauteur et un scénario riche aux dialogues savoureux.

Une plongée dans l’insatisfaction humaine et le désespoir. Trois femmes dépressives dont une lesbienne avouée, une entrain de découvrir son attirance pour une femme et une écrivain maudite. A éviter si vous déprimez et si vous avez besoin d’une bonne dose d’humour. Sinon, tout simplement inoubliable.

Emouvant et bouleversant. Un film qui ne laisse pas indifférent. Un chef d’oeuvre inévitable.

 

CRITIQUES PRESSE & RECOMPENSES :

« Qui a peur de Virginia Wolf? Ni Meryl Streep, ni Julianne Moore, ni l’extraordinaire Nicole Kidman (qui l’incarne) dans ce film d’une délicatesse extrême qui mêle les histoires de trois femmes en une seule. Trois femmes comme chez Altman ? Oui. » Jean-Pierre Dufreigne (L’Express)

« Quiconque verra The Hours comprendra pourtant que L’Ours d’argent, décerné à Berlin à Julianne Moore, Meryl Streep et Nicole Kidman, représentait la seule façon équitable de s’incliner devant trois actrices en état de grâce dans un éloge de la vie si ardent qu’il pousse jusqu’aux confins de la maladie et de la mort. » Gilles Renault (Libération)

« (…) il permet un jeu tout en émotions pour les trois actrices, superbes : Julianne Moore, Meryl Streep, et surtout Nicole Kidman, méconnaissable en intellectuelle névrosée, dévorée par l’incommunicabilité. » Françoise Maupin (Le Figaroscope)

« (…) c’est un festival d’acteurs, un bijou d’interprétation. Il y a là trois comédiennes au sommet de leur art. » Pierre Vavasseur (Le Parisien)

« Le cinéma, quant à lui, passe ici par les actrices. Julianne Moore (…) exprime une sorte de détermination comateuse absolument captivante. Tout compte fait, Nicole Kidman a bien raison de porter un faux nez pour jouer Virginia Woolf, car elle est ainsi, génialement, cette conscience malheureuse emmurée dans un corps et un visage qui lui sont étrangers. Pour Meryl Streep, sensationnelle, c’est comme si elle reprenait, plus de vingt ans après, son rôle lesbien dans Manhattan (…). » Louis Guichard (Télérama)

« Une oeuvre subtile et moins classique qu’il n’y paraît. Malgré un récit extrêmement dense, la mise en scène de Stephen Daldry est parfaitement fluide. La performance des trois comédiennes principales (et celle de Toni Colette) est pour beaucoup dans le plaisir pris avec ce très beau film. » Guillaume Tion (MCinéma.com)

« Sans racolage ni effets appuyés, The Hours distille une petite musique qui nous hante longtemps. » Jean-Philippe Guerand (TéléCinéObs)

« Le film a trouvé ainsi sa propre architecture, et respecte ce système de couloirs secrets et de portes invisibles qui font que Nicole Kidman, Julianne Moore et Meryl Streep ne sont pas trois femmes différentes qui possèdent des points communs, mais trois incarnations d’un même sentiment de la vie : cet instant où l’on perd pied et où, remis d’aplomb sans savoir comment, on s’émerveille d’un instant banal. » Philippe Piazzo (Aden)

« Nicole Kidman relève le défi et joue avec intensité le personnage de Virginia Woolf, qui, il est vrai, n’avait physiquement rien d’une danseuse de music-hall. » Agathe Moroval (Fluctuat.net)

« Trois détresses qui se répondent à travers le siècle, pour un troublant portrait de femmes. Pour son second long métrage, Stephen Daldry confirme l’élégance et la musicalité de sa mise en scène. » Xavier Leherpeur (Ciné Live)

« Avec des comédiens magnifiques, notamment Nicole Kidman et Ed Harris, qui sont d’impressionnants concentrés de souffrance, Stephen Daldry joue sur la corde noire de l’hypersensibilité. Mieux vaut être robuste. » Marie-Noëlle Tranchant (Le Figaro)

« Un mélo cérébral porté par trois actrices au sommet de leur art. » Sophie Benamon (Studio Magazine)

« Mais il faut reconnaître à ce mélo métaphysique, qui tente de capturer le caractère impalpable du bonheur, une émotion née du travail de ses trois actrices. » Sophie Grassin (Première)

« Les bouquets de fleurs, les sonneries de réveil, ou les baisers sur les lèvres, signes d’une homosexualité (latente ou non), sont de bien trop visibles – et audibles – enchaînements, là où Cunningham leur faisait partager par de délicates analogies la douleur de vivre, le goût des mots et la difficulté d’être femme, amante et mère. Malgré tout, l’émotion rejaillit à certains moments. Et chaque image donne envie de se (re)plonger dans la lecture des pages inspiratrices – ce qui, en soi, est plutôt une très bonne nouvelle. » Isabelle Danel (Les Echos)

 

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30 mars, 2009, 23:30
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 dans - Cinema ! marionnette-doublevieveroniquePhilippe Volter, comme un météore

par Philip Tirard

Mis en ligne le 15/04/2005
http://www.youtube.com/watch?v=TEVlDb43v-4&hl=frImage de prévisualisation YouTube

Le comédien et metteur
en scène belge a choisi
de prendre congé de la vie
à l’âge de 45 ans.
Il se faisait une très haute idée de son métier d’artiste.

C’était le lundi 23 septembre 2002 au Théâtre du Parc, pour un hommage à Jacqueline Bir et à ses cinquante ans de carrière. Philippe Volter monta sur scène pour évoquer, avec humour et tendresse, cette mère hors norme. Son père, Claude Volter, était dans la salle, bien incapable de prendre la parole en public: il s’éteignit à peine huit semaines plus tard, à 69 ans. Difficile de mieux répondre à la définition d’un enfant de la balle que Philippe Volter. «Je dormais dans le théâtre de mes parents, confiait-il dans une interview à «L’Humanité» en juillet 2003. S’ils avaient été bouchers, j’aurais dormi dans la boucherie…» A quatre ans, il descendait un grand escalier sur scène en tenant la main de sa mère. Bientôt son père lui confierait le rôle de Britannicus. Autant dire qu’il avait peu à apprendre au Conservatoire de Bruxelles dont il n’acheva pas le cycle complet.Un surdoué

«Je me souviens de l’arrivée de Philippe Volter sur nos scènes comme de celle d’un météore», dit Jacques De Decker. Dans L’Ange couteau de Jean Sigrid, il était fabuleux face à Claude Etienne. Plus tard, nous avons travaillé ensemble. Il avait tout: le panache, l’élégance, la beauté, le lyrisme, l’agilité physique. Toutes qualités qui en firent aussi un remarquable d’Artagnan dans «Les Trois Mousquetaires», puis un mémorable Hamlet – qui lui vaudra l’Eve du meilleur comédien en 1985, NdlR -, dont il donnait le monologue Être ou ne pas être juché sur une galerie métallique au sommet de la Rotonde du Botanique. Il y eut encore son Treplev dans La Mouette de Tchekhov…»

Ces trois spectacles étaient mis en scène par Daniel Scahaise, qui le dirigea aussi dans «La Nuit juste avant les forêts», le premier texte de Bernard-Marie Koltès monté en Belgique. «C’était un surdoué, confie un Scahaise inconsolable. Il s’investissait complètement dans ses rôles, au point d’en devenir parfois difficile à vivre. Il nourrissait la plus haute exigence à l’endroit de son art, pour lui-même comme pour les autres.»

Prise de risques

Promis à une confortable carrière d’acteur en Belgique, Philippe Volter est aussi lucide qu’ambitieux. Il comprend, à 25 ans, qu’il a déjà fait le tour de la question: il a joué au National, au Parc, au Rideau, aux Galeries, au Varia, à l’Ancre, etc. En 1985, il part pour Paris, pousse la porte du Conservatoire pour en repartir aussi sec, vit une vraie «galère» et finit par jouer dans le «Mariage de Figaro» de Beaumarchais mis en scène par Jean-Pierre Vincent.

Cela lui vaut de décrocher le personnage de Jean Nilson face à José Van Dam dans «Le Maître de musique», le film de Gérard Corbiau qui va changer la face du cinéma belge. Il enchaîne les films: «Les Bois noirs» de Jacques Deray, avec Béatrice Dalle et Stéphane Freiss, puis «La Double Vie de Véronique» de Krzysztof Kieslowski avec Irène Jacob. Ses qualités de bretteur font merveille face à (la doublure de) Gérard Depardieu dans le «Cyrano de Bergerac» de Rappeneau.

Au début des années 90, il paraît lancé dans une carrière cinématographique à succès. Mais les véhicules suivants ne s’avèrent pas à la mesure de ses espérances. Et puis, cet homme qui ignore le sens du mot compromis n’aime rien tant que prendre des risques… Il revient vers le théâtre, mettant en scène Jacqueline Bir dans «Master Class» de Terence McNally: le monde du chant et de l’opéra, encore et toujours.

La dépression

Au fil de la décennie, son physique se marque; mélomane, il souffre de troubles de l’ouïe. En 2003, après la mort de son père, il fait un fracassant retour au pays, prenant la direction de la Comédie Claude Volter aux côtés de Michel de Warzée. Un an plus tard, il démissionne, non sans avoir mis en scène un excellent «Misanthrope» de Molière.

«Depuis plusieurs mois, il traversait une terrible dépression, confie son ami le comédien Yves Claessens. C’était un être exceptionnel, mais son extrême lucidité pouvait le mener à un auto-aveuglement. Il était extraordinairement chaleureux et fidèle en amitié. Sur un plateau, c’était un pur-sang, fragilité et d’excès compris.»

Philippe Volter aura choisi sa fin, comme le loup solitaire qu’il était aussi. Victime de la dépression? Il n’a pas su trouver, en tout cas, la sortie du labyrinthe; sa part d’ombre a mangé toute sa lumière. Nos pensées vont à Jacqueline Bir qui vient de bouleverser la Belgique francophone pendant plusieurs mois avec son interprétation du petit garçon condamné par la leucémie dans «Oscar et la dame rose» d’Eric-Emmanuel Schmitt. Elle reprend en ce moment même «Le Récit de la servante Zerline» d’Hermann Broch, selon Jacques Franck, «le monologue le plus dur et le plus difficile de sa carrière». Terrible métier…

© La Libre Belgique 2005 Source : La libre Belgique



30 mars, 2009, 19:18
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 dans - Cinema ! e4b952eLa Journée de la jupe

Film français de Jean-Paul Lilienfeld

CRITIQUE

D’emblée, la tension est présente, presque tangible. On la perçoit dans les gestes mal assurés d’une femme au visage las, qui tente de se frayer un passage au milieu d’ados chahuteurs – ses élèves. La classe de français commence en retard et dans le chaos. Et puis un revolver tombe du sac d’un petit caïd. A bout de frayeur et d’exaspération, Sonia Bergerac (Isabelle Adjani, parfaite) ramasse l’arme et braque les gamins (eux aussi très bien) qui lui en ont fait tant voir. A mesure que la pression augmente à l’extérieur de la salle où elle retient les collégiens, l’enseignante se transforme en justicière. Le racisme, la religion, le machisme, toutes ces choses pesantes et taboues sont étalées sur la table, pour le meilleur et pour le pire…

Etrange film, sur le fil du rasoir, délibérément incorrect et remarquablement écrit. Si les premiers accents sont ceux de la comédie corrosive, le propos dérive inexorablement vers la tragédie. La Journée de la jupe n’est pas (qu’)une chronique aigre-douce sur la violence en milieu scolaire. C’est une fable réussie sur toutes ces peurs qui s’ancrent dans le quotidien et auxquelles on finit par s’habituer, faute d’oser en soigner les racines, alors qu’elles ne peuvent aboutir qu’à un désastre social et humain.

Sophie Bourdais

Télérama, Samedi 28 mars 2009


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